Les concerts de l'été

« Benjamin Alard,Marc Mauillon, Roger Muraro, le Quatuor de la Scala de Milan et le Quatuor Scaligero, les « Dissonances » et Edwin Crossley Mercer ... » Les quatre soirées de l'été 2018 devraient s'avérer particulièrement brillantes, originales et d'une grande ampleur. Réunissant parmi les meilleurs interprètes français ou italiens, retenant des œuvres mythiques, dont une création mondiale , ces concerts permettront la découverte d'un exceptionnel claveciniste français, d'un jeune baryton à la notoriété grandissante, d'un ensemble réunissant parmi les meilleurs jeunes solistes et aussi de revoir à Paunat, Roger Muraro pour la découverte d'une œuvre inconnue d'olivier Messiaen, Edwin Crossley Mercer et le quatuor de la Scala de Milan, si appréciés du festival. Cette saison fera preuve d'audace et d'exigence tant pour les programmes que des interprètes retenus

Roger Muraro

9 août 2018 - 20h30 Abbatiale de Paunat
Récital Roger Muraro - piano

Depuis plusieurs années, les rencontres avec Roger Muraro ont été, chaque fois, un événement ovationné et marquant, qu’il s’agisse de son incomparable interprétation de la «Rousserolle effarvate» d’O. Messiaen (2005), de l’éblouissante transcription par F. Liszt de la Symphonie Fantastique de Berlioz (2011), ou de son extraordinaire performance de l’intégrale pour piano solo de Maurice Ravel en une seule soirée, pour célébrer notre vingt cinquième anniversaire en 2015. Roger Muraro est l’ami du festival et admiré de nos mélomanes de par sa personnalité chaleureuse, son immense talent, son sens pédagogique, sa générosité et son enthousiasme. Au delà des prouesses techniques et de ses défis, il déploie une perception unique de l’intériorité des œuvres abordées et les plus complexes. Né à Lyon en 1959 de parents vénitiens, Roger Muraro, élève d’Yvonne Loriod au Conservatoire de Paris, s’est très tôt imposé comme l’un des interprètes majeurs d’Olivier Messiaen auquel il a consacré en 2001 une intégrale de l’œuvre pour piano seul qui a fait l’unanimité de la critique. Lauréat du concours Tchaïkovski de Moscou et Liszt de Parme, son jeu se met toujours au service de la poésie et de la sincérité. Il est sans surprise familier des plus grandes salles du monde où il collabore avec les chefs d’orchestre majeurs et les plus prestigieuses formations. Il est aussi un pédagogue très aimé des étudiants du CNSM de Paris. Pour célébrer C. Debussy et saluer le centenaire de sa disparition (1918) c’est le célèbre Livre2 des Etudes (1915) chef d’œuvre de l’univers pianistique qu’il a choisi : «le rêve de sons d’un homme mourant saisi d’une fureur créatrice». D’une troublante modernité et d’une audacieuse beauté, ces études de sonorités, d’une extrême difficulté d’exécution, préfigurent un monde à venir, celui de Stravinsky, Webern, Dvorjak, et… Messiaen. L’événement du concert sera certainement la création des «Fauvettes de l’Hérault - Concert des Garrigues», reconstitution à partir des archives d’O. Messiaen de la partie pour piano, d’un concerto (1962) jamais terminé. Evénement mondial, sa création s’est déroulée à Tokyo en juin 2017 et à Paris dans le cadre du festival Présences à la Maison de Radio France en février dernier. C’est un travail de «résurrection» de trois années et il le jouera prochainement à Buenos Aires et Sao Paulo. Roger Muraro a choisi ensuite, la célébrissime sonate en si mineur de Franz Liszt, dont l’ampleur de son unique mouvement, la grandeur orchestrale et l’intense liberté formelle, constituent un des sommets pianistiques du XIXe siècle, grand poème faustien au climat mystérieux et fascinant de contrastes. Cette soirée restera mémorable, sans aucun doute, faite de retrouvailles chaleureuses et de moments exceptionnels où se fondent la grandeur du lieu, la splendeur des notes et la force du message.